Amanite de Becker




     Depuis plus de 15 ans, je ramassais dans le Sud Auxerrois, une amanite qui me laissait dans le plus grand désarroi. Impossible de mettre un nom à ce champignon que je trouvais en abondance de juin à septembre et cela régulièrement chaque année.

    J'avais recherché longuement dans les nombreux ouvrages mycologiques en ma possession et ne trouvais pas trace de cette amanite.

    Plusieurs fois, je l'emportai à Paris auprès de la Société Mycologique de France, qui réunit certains des meilleurs spécialistes, afin de déterminer de quelle espèce il pouvait s'agir.

   A plusieurs reprises on me donna un nom qui ne me satisfaisait pas. On me parla d'une forme d'Amanite pâle (Amanita livido-pallescens)  que jeconnaissais bien, mais qui, d'après moi, s'en éloignait par beaucoup de caractères macroscopiques. Je fus de nombreuses années frustré par l'incapacité de nommer correctement ce champignon.

    Un jour, un ami excellent mycologue, Pierre Calba, hélas décédé depuis, me confia une monographie italienne concernant les amanites. Je fus très surpris d'y reconnaître l'objet de mes préoccupations. La description et la diagnose latine correspondaient bien à l'image que je m'en faisais. Il s'agissait de l'Amanite de Becker (Amanita beckeri).

   Cette amanite très rare avait été trouvée en Italie, mais aussi en France dans la région de Montbéliard.

   Depuis, ce champignon avait tellement brillé par son absence, que les mycologues se demandaient s'il ne s'agissait pas d'une espèce fantôme, expression utilisée chez les spécialistes, pour dire qu'en réalité, il s'agit d'une erreur d'interprétation et que ce champignon n'existe pas.

   Pour moi, le voile était levé et cette amanite dont personne n'entendait parler,existait bel et bien. A partir du nom, mes recherches m'orientèrent  vers les auteurs possibles et j'appris qu'elle avait été décrite par Huijsman en 1961 qui l'avait ainsi nommée en hommage à GeorgesBecker, mycologue réputé de la région de Montbéliard qui l'avait trouvée pour la première fois.
    Puis mes obligations m'éloignèrent un peu de la forêt où pousse de  ce champignon. Ce n'est qu'au mois de juin de l'année suivante que je retournai à cet endroit mythique pour moi, avec la ferme intention de le retrouver. J'en trouvai une trentaine d'exemplaires (c'est un minimum pour une étude complète).   Je les emportai à Paris auprès de la Société Mycologique de France. Malgré les nombreux éminents spécialistes présents, aucuns d'eux  ne fut en mesure de nommer cette amanite et grande fut leur surprise lorsque j'énonçai son nom. Personne ne la connaissait ni de visu ni en photo puisqu'il semblait qu'elle n'existait pas.
Pendant plusieurs semaines, chaque lundi, j'ai emporté à Paris divers exemplaires qui furent exposés puis conservés en herbier.
 

    Description:

Chapeau de 8 à 15 cm de diamètre, fauve couvert de squames concentriques grises, volve en vasque très friable composées de grosses cellules sphériques. Cuticule fortement striée, fimbriée. Pied élancé 120 x 20 mm (180 x 25 mm )  s'atténuant progressivement vers le haut et évasé au sommet, de couleur fauve clair zébré de mouchetures plus foncées, plus serrées en haut, présence d'un bourrelet cotonneux annulaire ou hélicoïdal plus ou moins épais à 1,5 cm environ de la base. Lames blanches serrées, inégales. Chair inodore, saveur douce.

Récolte sous épicéas mélangés avec des charmes sur terrain argilo-calcaire.

                                                                                           Gilles Bourotte

                                                                                  Président de la SMM



Photo comparative entre A. beckeri et A. ceciliae. Il est à remarquer que cette dernière présente des marques de doigts sur le stipe alors que A. beckeri ne marque pas.

 



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Le 05-05-2015 à 09:53:02

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